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Le Collectif des Fédérations Nationales des Arts et Traditions Populaires


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Diaporama de Pauline Le Hesran

2ème Demoiselle d'Honneur
de la Payse de France 2005

 

La meilleur façon de trotter, c’est de mettre une patte devant l’autre et de recommencer. Cela pourrait être l’adaptation de cette expression bien connue, en langue ovin. Car l’amie dont nous allons suivre les pérégrinations pas à pas est une bien belle brebis.

Je vous présente Frisette.

Elle les aura usés ses sabots, sur les routes, les chemins caillouteux et escarpins, pardon ! Escarpés des Préalpes dauphinoises et du Vercors…

Pour la transhumance, mieux vaut ne pas avoir le pied bot ! Aurait pu dire cette coquine !

C’est ce qu’on appelle « mettre les pieds dans le plat » n’est-ce pas ?

Voici ce que voyait Frisette du haut de sa montagne :

 

Le pas de clé

 

La muraille du Vercors

Ces grandes vacances au dessus de Vassieux en Vercors, un lieu si chargé d’histoire aujourd’hui, étaient un vrai bonheur pour Frisette et ses amis. Une sorte de cure de remise sur pieds : air pur, exercice et nourriture saine garantis !

 

Voici Vassieux en Vercors

 

Son monument de la résistance

Et le cimetière où reposent aujourd’hui plus de mille résistants.

C’est là qu’elle avait trouvé chaussure à son pied,

et mis au monde une grande famille.

Tout ce petit monde, encadré de chiens et bergers en brodequins bien huilés s’en retournait à petits pas dans la vallée,

lorsque l’automne était bien avancé.

Elle le connaissait par cœur ce chemin de retour.


Combe Laval


Col de la machine

Quand le clocher de l’église de St Jean en Royan apparaissent à l’horizon, si majestueux qu’il lui paraissait haut de 1000 pieds, Frisette comprenait alors que les vacances étaient bien finies.

Notre amie redoutait la traversée des villages car une foule excitée faisait des pieds et des mains pour être aux premières loges, pour caresser leur laine. Nous ne sommes pas des bêtes de cirque pensait Frisette.

Elle passait la tête basse, n’apercevant pas ces êtres dits humains que galoches, croquenots, godillots, sabots, sandales, et autres bottines.

Ce jour là, et c’était sa petite vengeance, l’expression « écrase merde » était prise au pied de la lettre !

Le chemin de Frisette passait par : Bouvante le Bas et St Nazaire en Royans.

Frisette avait horreur de faire le pied de grue devant les ruisseaux

ou les fontaines afin de se désaltérer. Priorité aux anciennes !

Frisette était faite pour les grands espaces et l’herbe verte.

La perspective de passe de long mois enfermés à l’étroit, n’ayant qu’à se mettre sous la dent que foin sec, la mettait de mauvaise humeur.

 

Dès lors, ces magnifiques paysages d’automne,

ces charmants petits villages, la laissaient de marbre. Et tous ces gens, elle savait bien qu’ils étaient gentils et sincères pour la plupart. En fait elle adorait les caresses des enfants !

A la ferme, Frisette s’ennuyait un peu.

Ses seuls moment de joie étaient les rencontres avec son amie Blanquette la vache,

et la Banarde, une des dix chèvres qui logeaient avec elle.

Elles se sentaient complices, probablement du fait qu’elles habitaient ce pied à terre depuis longtemps et étaient toutes trois de vieilles mères un peu lasses, bien qu’ayant encore bon pied, bon œil !

A Romans sur Isère, la grande ville toute proche, Frisette, la Banarde et Blanquette n’y ont jamais mis les pattes.

Elles ne connaissaient donc pas la tour Jacquemart et son automate,

la collégiale St Barnard, la place Ernest Gailly du centre ville et l’hôtel de ville et son monument dédié aux arméniens.

Frisette n’avait jamais su que la laine qu’on lui tondait régulièrement, y avait développé une puissante industrie qui avait fait vivre des milliers de personnes pendant des décennies.

Ni Blanquette, ni la Banarde n’ont pu imaginer que le lait qu’on leur trayait chaque jour devenait ces fameuses tommes dont se régalent encore les amateurs.

Le St Marcellin fait en lait de vache et le picodon fait en lait de chèvre.

Et notre brave Frisette, savait-elle que ni Jourdan, ni Kélian, ni Clergerie, tous ces grands noms de la chaussure n’auraient existé sans sa peau, sans son cuir qui a fait la richesse et la renommée de Romans ?

Voici une usine de cordonnerie dans les années 50.

Romans était une ville propice à l’installation de la tannerie. Une petite rivière, la martinette, passe dans les bas quartiers, ainsi les tanneurs pouvaient y tremper les peaux pour les nettoyer et les assouplir. Les caves des maisons des tanneurs étaient construites sur la rivières.

Ensuite nous avions du vent pour sécher plus vite les peaux car nous habitons la vallée du Rhône. On installait les peaux sur des rondins qui formaient les galeries à haut vent sur les murs des maisons.

Pour la tannerie nous utilisions beaucoup d’outils, notamment le racloir qui servait à nettoyer les peaux et à les assouplir ; et le foulon, pour vous mesdames, l’ancêtre de la machine à laver, qui servait à essorer les peaux.

Voici quelques modèle fabriqués aujourd’hui par les firmes romanaises.

 

Un modèle de chez Robert Clergerie,

 

un autre de chez Charles Jourdan,

enfin un de chez Stéphane Kélian.

Voyageurs qui passez par Romans, lorsque vous visiterez le magnifique musée de la chaussure, dans son écrin du couvent de la Visitation, ayez une petite pensée pour nos trois amies.

Dans ces magnifiques bottes en cuir de chèvre, dans ces superbes chaussures d’hommes en cuir de vache ou encore dans ces petits escarpins en cuir de brebis, nos trois complices vous feront un dernier « pied de nez » !

 


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