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Le Collectif des Fédérations Nationales des Arts et Traditions Populaires


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Diaporama de Sophie Bruel

1ère Demoiselle d'Honneur
de la Payse de France 2005


Bonjour,

 

Je suis heureuse de pouvoir, aujourd’hui, participer à l’élection de la Payse de France 2005.

Vous pouvez vous demander comment, au 21ème siècle, moi, jeune fille de 21 ans, je me retrouve devant vous en costume de folklore.

 

Pourquoi j’ai l’envie de vous faire connaître ma région et ses traditions ?

Comment je désire représenter le folklore français et sa fédération ?

 

 

Tout a commencé pour mes 16 ans quand j’ai reçu une longue lettre de ma Grand-Mère.

 

Celle-ci me troubla car moi, adolescente vivant à Paris, j’étais loin d’imaginer la vie de ma Grand-Mère au même âge. Et pour vous présenter ma région, je souhaiterais, si vous le voulez bien, vous lire cette lettre qui est un véritable témoignage de la vie à Montsalvy au début du siècle dernier. Voici ce qu’elle me disait…

.

Ma Chère Petite Sophie,

 

Ou peut-être devrais-je dire ma grande Sophie car maintenant tu as 16 ans.

Sais-tu que c’est à ton âge que j’ai rencontré ton grand-père à la fête à Montsalvy au 15 août

 Pour cette grande fête annuelle, mon père et mon frère étaient allés chez le barbier. Il officiait en pleine rue, car il n’y avait pas de salon de coiffure : il leur avait coupé les cheveux et rasé la barbe devant plein de curieux. C’était la seule fois de l’année où mon père se faisait couper les cheveux.

Près du barbier, il y avait des marchands de cheveux en quête de belles chevelures pour la prochaine foire. Ils recherchaient des femmes, qui, pour quelques sous ou un mouchoir brodé, acceptaient de couper leur belle crinière. Ces marchands revendaient le précieux butin à 800 francs, de l’époque, le kilo à des perruquiers qui proposaient ensuite, à des vieilles bourgeoises ridées, un renouveau capillaire du meilleur effet !

 

 

Mais revenons à la fête du 15 août et ma à rencontre avec ton grand-père. Le matin, à la messe, j’avais aperçu, à côté de mon père un beau jeune homme qui m’a causé, avouons-le, quelques distractions et j’attendis avec impatience la fin de l’office pour qu’il me fût présenté.

Il s’agissait de Léon Bruel, du village voisin de Labesserette. C’était un ouvrier saisonnier, un gentiannaire. Un jeune homme robuste, dont le travail consistait à arracher des racines de gentianes de plus de 20 ans. Du mois de mai au mois d’octobre, sur les hauteurs du pays, il arrachait les racines avec un outil étrange nommé la fourche du diable.

Il les revendait au poids à un négociant en gentianes. Figure toi qu’on en faisait des médicaments et des apéritifs très frais et amers que tu ne manqueras pas de goûter, j’en suis sûre !!!

Après quelques mois, nous nous sommes mariés.

 Il continua à fréquenter la gentiane et moi je filais la laine. Le travail de la laine était un domaine réservé aux femmes. Aussi pendant des heures, je m’attelais derrière mon rouet afin de transformer la laine en fils pouvant être tricotés.

Mais quand j’avais 16 ans, la laine servait également à faire des matelas.
Ceux-ci ont remplacé les bonnes vieilles paillasses bourrées de varech, de balle d’avoine ou de paille.
Quel bonheur de pouvoir faire des câlins confortables et douillets ! ( je comprends pourquoi nous sommes un famille nombreuse…)

 Les matelas étaient remplis de crin, de bourre ou de laine. Le matelassier se servait d’une plaque horizontale, sur laquelle il s’asseyait, ou d’une carde circulaire faite d’un grand tambour tournant. Il se déplaçait de village en village pour vendre ses services tout comme le colporteur d’ailleurs.

Je me souviens que le colporteur était très attendu même s’il nous faisait perdre une après-midi entière de travail. Il parcourait les chemins de campagne, mais c’était un commerçant ambulant, maître de sa marchandise, sachant la vendre au meilleur prix grâce à son art du boniment.

Chaussé de sabots, le bâton ferré à la main, sa lourde caisse en bandoulière ou avec sa charrette, son baluchon sur l’épaule, il cheminait lentement de village en hameau par tous les temps. 

Le colporteur passait partout, même dans les coins perdus. Il avait son itinéraire tracé d’une année sur l’autre, et dans la tête les bonnes adresses, où il pourrait manger et dormir.

Dès qu’il arrivait dans la maison, nous avions prévu la liste des emplettes à faire, et surtout de la somme à dépenser et à ne pas dépasser.

 

Pour terminer, il proposait des mouchoirs de cou pour aller faner ou moissonner et du gros coutil bleu pour les tabliers des lavandières.

Le colporteur ne repartait jamais d’une maison sans avoir vendu le plus possible en donnant l’impression à la ménagère qu’elle avait fait de bonnes affaires.

 

Ma pauvre Sophie, si tu savais tout ce que j’aurai encore à te raconter, mais je vais être obligée de te laisser car mes rhumatismes dans la main me font souffrir. D’ailleurs il faut que j’aille voir le rebouteux du village. Au fait, dans ta grande ville, as-tu entendu parlé des rebouteux, et surtout de celui de Nasbinals, Pierrounet Brioude.

Celui-ci, cantonnier du village, avait acquis dans l’art de « pétasser » (entendez raccommoder) les membres brisés et luxés, une réputation qui s’étendait bien au-delà des limites du canton et du département. De toute l’Auvergne, du Languedoc et du Rouergue affluaient les éclopés, les infirmes et jusqu’aux malades, car les clients du célèbre « rhabilleur » lui attribuaient des dons universels. On parlait de 8000 clients par an.

Les médecins, ses détracteurs le firent passer devant des juges. En plein tribunal, il tordit les pâtes d’une brebis. Il demanda aux docteurs de lui rendre l’usage de ses membres. Aucun ne s’y aventura. Par quelques manipulations et en bougonnant dans sa barbe, Le Pierrounnet remit l’animal sur pied.

Et ma grand-mère de continuer l’évocation de ses souvenirs…

Après avoir lu cette lettre, je n’ai pu m’empêcher de vouloir en connaître plus sur mes traditions, ce qui m’amena à intégrer un groupe folklorique

pour ses danses

et sa musique.

Et pour le mot de la fin, je vous propose d’écouter cette chanson connue de tous et qui résume ce pourquoi nous sommes tous réunis aujourd’hui.

La Valse à Jojo 

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