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Le Collectif des Fédérations Nationales des Arts et Traditions Populaires


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Us et Costumes N°22

LA CHÂTAIGNE

Denise ALLIMONIER
Lou Cabrettaire

Chers châtaigniers, je vous ai toujours préférés à tous les autres arbres de nos forêts corréziennes.

J'aime vos cimes arrondies et vos feuilles allongées et luisantes comme si elles étaient vernissées.

Vous êtes si beaux vers la fin juin lorsque vous vous couvrez de vos mille fleurs dorées qui de loin ressemblent à autant de mains d'enfants agitant leurs petits doigts à la moindre brise.

Durant les vacances d'été c'est avec vos feuilles que mon grand-père me confectionnait des robes de princesse les attachant à la suite les unes des autres par le pétiole pour faire de longues traînes et vos troncs creux me servaient de refuge pour les parties de cache-cache endiablées.

En octobre, vos bogues en peau de hérisson vert tendre pendant au bout de chaque branche comme les boules d'un arbre de Noël puis, en avançant dans l'automne, elles s'ouvrent soudain pour nous présenter comme dans un écrin capitonné de blanc leurs perles luisantes couleur d'ambre ou d'ébène suivant les espèces.

 

Vos fruits ont nourri bien des générations de paysans corréziens, et ce n'est pas sans raisons qu'ils vous ont surnommés

 

«L'ARBRE A PAIN ou L'ARBRE NOURRICIER».

 

Autrefois on mangeait des châtaignes à tous les repas, blanchies, grillées, séchées, cuites à l'eau dans leur peau «les peluches », ou sucrées en confiture.

Pendant tout l'hiver maman servait les châtaignes blanchies à l'incontournable casse-croûte de dix heures du matin, avec une soupe de pain bis.

Elle disposait au centre de la table les châtaignes fumantes dans une corbeille ronde à fond plat en écorce de ronce avec la soupière ; chacun se servait du bouillon et le mélangeait dans son assiette avec les châtaignes blanchies.

Les hommes rajoutaient une lampée de vin.

Aux enfants, elle versait à chacun, avec une grande louche qu'elle plongeait dans la jatte de grès contenant la traite du matin encore tiède, un bol de lait où l'on mettait à tremper les châtaignes.

C'était le régal de mes jeudis d'hiver.

Aux veillées, après avoir fait une incision dans chaque fruit, on les dégustait grillés dans la poêle à marrons, rougie sur le feu de l'âtre, que l'on secouait de temps en temps à l'aide de son long manche.


LES JACQUES

Il y avait une espèce de petites châtaignes dont je ne me souviens plus du nom que l'on faisait sécher tout l'hiver en général sur des claies suspendues dans le four à pain ou étalées sur le plancher des granges.


L'Oule

On consommait ces châtaignes séchées lors des dernières veillées de la façon suivante :

 on faisait les jacques» disait-on»

Pour les cuire, on mettait à bouillir un grand chaudron d'eau dans la cheminée puis on suspendait au-dessus un panier à salade en 3/4 plein de châtaignes séchées. Au bout de deux heures environ, réhydratées au contact de la vapeur d'eau, elles regonflaient et on les savourait en fin de veillées accompagnées d'un verre de cidre ou de

Tout le moelleux et la saveur sucrée du fruit ressortaient alors. C'était délicieux.
   

 

LA CONFITURE DE MARRONS

Eplucher 2 kg de marrons, les mettre dans une casserole, les recouvrir d'eau froide et les cuire pendant 40 minutes.

Les égoutter, et les passer au tamis.

Peser la purée de marrons et lui ajouter

le même poids de sucre

Mettre le tout dans une bassine, ajouter 1 dl d'eau par kilo de mélange et 2 gousses de vanille.

Chauffer sur feu moyen, en remuant sans arrêt, quand le fond de la bassine apparaît, la confiture est cuite.

La retirer du feu et ôter les gousses de vanille.

Mettre en pots.

Le goût très fin et le fondant de cette confiture faisaient qu 'on la servait comme dessert.


Racloir à Châtaignes les "Brèges"


LA SOUPE DE MARRONS

Pour 4 personnes

250g de châtaignes séchées

5og de beurre

20g de graines d'anis

250g de crème fleurette

2 oignons

4 tranches de pain

1 bulbe de fenouil

1/4 de litre de bouillon de volaille

Faire tremper à l'eau froide les châtaignes séchées pendant 3 heures, de façon à les réhydrater. Eplucher et émincer ensuite les oignons et le fenouil (en réservant les feuilles de fenouil) et les faire revenir dans une cocotte avec du beurre.

Ajouter les châtaignes et le bouillon de volaille et laisser cuire à l'étouffée pendant 1/2 heure. 

Ajouter la crème, mélanger et mixer soigneusement la préparation obtenue en réservant une vingtaine de châtaignes. Saler et poivrer.

Servir chaud accompagné de croûtons de pains revenus dans du beurre, de graines d’anis grillées, de châtaignes cuites et de feuilles de fenouil. 

Recette tirée du vieux carnet manuscrit de ma tante, cuisinière en maison bourgeoise à Brive.

 

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