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Le Collectif des Fédérations Nationales des Arts et Traditions Populaires


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Us et Costumes N°11

 

Les Fêtes en Pays Souletin

 

De part et d’autre des Pyrénées, le Pays basque se partage en sept provinces :

 

 
Guipuzkoa, Biscaye, Alava, Navarre au sud, Labourd, Soule et Basse-Navarre au nord. Des trois provinces françaises, la Soule, la plus petite, a toujours été la plus attachée à ses traditions, entre autres à ses fêtes.

Si les petits bals du dimanche et les fêtes de village concernaient surtout les jeunes, les véritables événements que constituaient les pastorales et les mascarades intéressaient toute la population.
 

La pastorale
 
Issue des " soties " du Moyen Age, la pastorale a traversé les siècles. Ce spectacle avait lieu une fois par an, vers Pâques. Tous les villages en montaient une à tour de rôle, avec quelques dizaines d'hommes, du village uniquement : pas question d'admettre des "étrangers" ! Jeunes et anciens se concertaient pour choisir une pièce dans un vaste répertoire (saint Eustache, Œdipe, Abraham, Hélène de Constantinople, saint Louis, Jeanne d'Arc, Napoléon...) et faisaient ensuite appel à un metteur en scène, qui jugeait si les futurs acteurs étaient aptes à tenir les différents rôles. Toutes les classes de la société étaient représentées : le roi, le clergé, les militaires, les conscrits (les "Blancs"), les bourgeois (les "Rouges"), les Maures et tous les exclus tels les bohémiens, les juifs, les anciens lépreux et pestiférés (les "Noirs")... Tous les habitants du village aussi pouvaient se retrouver dans certains personnages.
 
Acteurs, chanteurs et danseurs répétaient pendant les "longues" soirées d'hiver. Les acteurs devaient apprendre par cœur des centaines de versets, exercice très difficile pour ceux qui ne savaient pas lire... Les répétitions avaient lieu dans le plus grand secret, supervisées de temps en temps par le metteur en scène. Généralement, ce dernier choisissait les costumes, mais chacun pouvait dire son mot. Ces costumes étaient confectionnés par les couturières du village. A partir du début du vingtième siècle, certains furent loués Ð par souci de vérité Ð, comme celui de Napoléon, à Lacarry, en 1910. Les danseurs, les "satans", étaient choisis par les gens du village et entraînés par un ancien. C'était les meilleurs danseurs. Munis d'un crochet ou d'une fourche, voire d'un tricorne, il leur arrivait de participer à l'action ou de donner quelques répliques.
 

Le jour de la représentation, tous les protagonistes de la pastorale partaient défiler dans les villages voisins. C'était la "cavalcade". En tête, venaient les musiciens, à pied ou en charrette, ensuite les acteurs, à cheval pour la plupart, les bergers et leurs troupeaux fermant la marche. Les acteurs qui tenaient les rôles féminins défilaient en calèches décorées.

Vers dix heures, la cavalcade était de retour au village : la représentation pouvait commencer. Elle durait cinq à six heures ; un "Napoléon" (encore lui !) se termina à six heures du soir. Les musiciens, placés au-dessus de la scène, pouvaient suivre aussi ce qui se passait derrière le rideau et réglaient les entrées et les sorties. Le public était disposé en fer à cheval sur les gradins, les femmes d'un côté, les hommes de l'autre. Généralement, l’estrade était adossée contre le fronton ou des maisons. Sur la place de Tardets, les acteurs entraient et sortaient sur la scène par les fenêtres des maisons.

Le public, très calme et très attentif, savait apprécier la qualité des chanteurs, des acteurs et des danseurs, au cours de cet événement dont la réussite contribuait au renom de leur village.

A la fin du spectacle, tous des acteurs donnaient le Chant de la Pastorale.

De nos jours, la tradition est respectée, et des pastorales ont toujours lieu en Soule (également en Basse-Navarre). De nouveaux livrets sont écrits, sur les thèmes anciens, mais avec des visions plus modernes, ou sur des thèmes nouveaux, touchant toujours le Pays basque, bien entendu.

Une pastorale aura lieu en 1999 ou en l’an 2000 (au cours de l’été) à Esquiule, près d’Oloron-Sainte-Marie, village basque en ex-territoire béarnais.

 

 

Nicole Salingre

Ereberentzia

 

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