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Le Collectif des Fédérations Nationales des Arts et Traditions Populaires


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Festivals en Chine 2008

Festival de Shanghai

Berry
Ensemble folklorique de Roissy en Brie

 

1° LE DEPART 

Juin 2008 : L’opportunité se présente : Nous sommes pressentis pour aller représenter la France du 10 au 17 Septembre 2008 au FESTIVAL DU TOURISME DE SHANGHAÏ

Une telle opportunité ne se refusant pas, nous nous mettons (un peu dans l’urgence), en mesure de faire établir nos passeports, d’affiner le programme, de mettre en répétition, de peaufiner costumes et présentation, d’obtenir les visas, et… Vogue la galère !!!

Le lieu ? le programme ? les conditions de séjour ? cela restera un grand mystère jusqu’au bout…

(On aurait voulu tester notre bonne volonté, notre bonne humeur, notre réactivité et nos facultés d’adaptation qu’on n’aurait pas fait mieux…)

Donc : une seule certitude : On part en Chine !!!

10 Septembre 2008 : Dernières consignes d’Alain JACOB et Mme PICARD qui sont venus nous embarquer à Roissy Charles De Gaule… un dernier verre de muscat pour la route,(une excellente idée de Geneviève et Michel)…  AIR CHINA et… Shanghaï : nous voilà…

2° PREMIER CONTACT AVEC SHANGHAÏ

Une ville monstrueuse… monstrueusement belle…

Une hypermégapole de plus de 15 millions d’habitants, sur une superficie égale à celle de… la Suisse…

Une accumulation d’immeubles à la César, qui à force de laideur, finit par devenir esthétique…

Et l’autoroute au milieu de la ville avec pour piliers : des tours d’immeubles… et des échangeurs qui se croisent sur 4 niveaux…

Des barres de logements immenses, mais aussi, des quartiers d’affaires dans lesquels le business mondial se donne rendez-vous et progresse à pas de géant…

Des affaires qui se traitent, entre autre, dans la plus haute tour du monde (475m…)

On ne sait où regarder… Grandiose… Surprenant… Un autre monde, comme on n’en voit que dans les films de science fiction…

Et tout à côté, de vieux quartiers à taille humaine, encombrés de petites échoppes, de fils électriques et de linge étendu à même le trottoir, de vélos surchargés de cartons, d’un bric à brac étéroclite…

Et tout à côté : la Chine traditionnelle, la Chine historique …

Une merveille… dans les musées, mais aussi, dans les vieux quartiers, et les petites villes.

Un véritable dépaysement, tant la culture, les costumes, les traditions, les gestes même, peuvent paraître étranges.

Mais à y bien regarder… une reconnaissance humaine tout aussi certaine…

Les outils de la terre, de l’artisanat, du commerce, les habitations même, présentés à l’écomusée de Shanghaï pourraient tout à fait trouver leur place dans n’importe quel écomusée Français…

Les techniques sont les mêmes… l’intelligence de la main est bien universelle…  

3° L’ACCUEIL

L’accueil, comme la ville, a été grandiose… On nous a « déroulé le tapis rouge »…

Dès notre descente d’avion, nous avons été pris en main par « SYLVIE » (LI Zhenyi), notre jeune interprète, qui ne nous a pas quittés durant tout notre séjour et dont nous avons pu apprécier les qualités professionnelles dans des circonstances parfois difficiles à gérer pour une jeune fille de 22 ans… Elle est vraiment digne de tous les éloges.

Quelle organisation !!!

Nous avions un chauffeur et un car à disposition, et nous avons été promenés dans les endroits les plus « touristiquement prestigieux » et représentatifs de la ville : musée de Shanghaï, temple du bouddha de Jade, jardin de l’humble administrator, la « perle de l’Orient » (tour dans le « Bund »), la charmante petite ville de Zujiazhui ; divers sites de production (soie, faïences, maison de thé, etc…) 

…Y compris… CARREFOUR…

Nous avons été reçus dans les plus grands restaurants qui, à l’heure tardive où nous nous y rendions (souvent en sortie de scène) n’ouvraient leurs portes que pour nous (le soir, nous y étions les seuls clients…)

Et quelle cuisine… Des petits déjeuners « à la baguette » (appréciés par Claude et Lucien…) des goûts succulents à découvrir ; un canard laqué comme on n’en mange que là bas ; une multitude de petits plats dans laquelle chacun pouvait trouver son bonheur ; le tout servi sur des tables circulaires, extrèmement conviviales, dans des cadres plus somptueux les uns que les autres.

Et puis, nous avons été honorés par la présence de l’adjoint au Maire de Shanghaï chargé de l’organisation du festival du tourisme et de la préparation de l’exposition universelle de 2010.

…Mr le Maire ayant été empêché au dernier moment, retenu qu’il était, par la gestion d’un petit problème : la queue d’un typhon qui ravageait une partie de la ville (à près de 200 Km de là…)

Et Françoise et Josianne qui, au sommet de leur gloire, ont fait la première page du journal de Shanghaï !!!

Une telle expérience, de tels excès d’honneur (pour un petit ensemble comme le nôtre), ne se vivent qu’une fois dans une vie d’homme…

Notre modestie en aurait pris un sacré coup, si nous n’avions pas su relativiser pour nous dire que ce n’était pas nous qui étions « grands », mais eux qui étaient… « géants »

4° JAUNISSE

…L’anecdote ne vaut d’être relatée que pour louer la qualité de l’intervention à l’hôpital Chinois…

Y’a pas à dire… Il faut toujours qu’il se fasse remarquer… Alain nous fait une jaunisse… En Chine… Il était jaune comme un citron qui aurait eu des yeux oranges… Ca ne fait pas… crédible…

Et pourtant : faute d’avoir assez bu (sous une chaleur caniculaire) il nous fait un calcul dans le colédoque … Après une journée « à la ramasse », il faudra prendre une décision… Voir un médecin urgentiste, et peut-être avoir recours au rapatriement sanitaire…

Ca jette un froid… Sylvie va emmener tout le groupe à l’hôpital… (visite non prévue au programme …)

Et là, chapeau :

En deux heures, Alain va voir un jeune médecin parlant Français, il aura une prise de sang , un électrocardiogramme, une échographie, reverra le médecin, et sortira avec ses médicaments à la main… Qui dit mieux ???

Durant ce temps, les autres membres du groupe auront eu tout juste le temps de faire leurs courses dans les boutiques du coin…

N.B. : Alain refusera d’être perfusé à l’hôpital… : Il y avait encore deux spectacles à assurer (voir les implications plus loin…)

5° LA PARTIE ARTISTIQUE

Tout commence par une déception : Il a fallu envoyer une cassette : Lors de la parade, nous jouerons… en play-back…

Les musiciens sont déçus… Pourquoi avoir passé tant de temps à répéter ? Pourquoi aller en Chine ? Juste pour faire « pot de fleur » ???

Le soir de la répétition, tout s’explique… Nous passons en 46° position…(21 chars, 28 troupes)…

Comment gérer au pied levé des problèmes de micros avec autant de musiciens ? Impossible…

Le jour du défilé, nous dansons sous des trombes d’eau… Impossible de sortir les accordéons…

Le play back était justifié, et l’expérience nous montré qu’il fallait faire confiance aux organisateurs qui ont tout prévu, tout planifié, tout mis à la mesure du gigantisme de la manifestation…

Car nous allons toucher du doigt ce que veut dire « gigantisme » en matière de spectacle…

Une répétition et un défilé, devant près de 450 000 spectateurs (aux dires des organisateurs)… impressionnant…

Nous sommes cernés de groupes prestigieux, de costumes magnifiques, plus colorés les uns que les autres, dans une ambiance festive inégalable.

Les organisateurs nous font passer la consigne : Riez, amusez-vous, faites participer le public…

Pris par l’ambiance, par les sollicitations et les vivats, les barrières tombent… nous nous sommes donc « lâchés »… et le public a participé… (Laurent et son drapeau lançant des Olas, Geneviève et son petit cochon qui remue une oreille, nos musiciens offrant des « mini concerts » à des enfants ébahis…) Que de sourires, d’yeux écarquillés, de tribunes debout, de cris de joie, de mouvements de foule… Du délire… 450 000 sourires… Nous avons eu conscience de distribuer quelques petits moments d’un bonheur partagé…

Et puis, les animations, dans les centres commerciaux, sur des estrades, entourés d’un public chaleureux, curieux et intéressé, demandant aimablement à se faire photographier avec nous, demandant à savoir comment fonctionne ce drôle de petit accordéon Diatonique… intrigués par notre « type » Européen.

Et ce charmant petit jardin, dans lequel de très dignes dames présentaient des jeux traditionnels…

Nous avons, là aussi, animé en participant aux jeux et en faisant danser public et organisateurs…

Un moment de charme, de partage, de communication non verbale, comme nous en avons vécu mille au cours de ce séjour.

Quant au dernier spectacle…

Nous n’étions, bien entendu, au courant de rien… (Pas plus qu’au début du séjour…)

Nous avons donc tout découvert sur place…

Tout d’abord, bien assis dans 8 tribunes, un public trié… chaque groupe habillé de chasubles (une couleur différente par tribune), muni de « bâtons applaudisseurs »…

Devant nous, un espace moquetté de 30 m de long, sur toute la largeur de l’avenue.

Sur la gauche, une immense estrade occupée par une immense table à laquelle tous les deux mètres, sont assises des personnes munies d’un livret et d’un stylo… Un jury ???…

Sur la droite , face à l’estrade… un écran géant… GEANT… 30m sur 20… sur lequel sont projetées les prestations en direct, en alternance avec des spots publicitaires…

Et sur l’espace moquetté, deux caméras montées sur bras télescopiques + 2 caméras fixes sur pied, + 2 caméras « à l’épaule »…

…Nous passions en direct, devant un jury, à la télévision Chinoise…

…Nous l’avons donc joué « au bluff »…

Alain (qui sortait de l’hôpital…) a déclaré qu’il n’allait pas faire l’effort d’être debout, juste pour faire « pot de fleur » et jouer en play-back…

Là-dessus, Claude a renchéri en déclarant que, puisque nous allions jouer en direct, nous n’exécuterions pas une danse, mais trois… (Bourrée de Reuilly, Carrée de La Châtre, et Pastourelle)

Sylvie a longuement négocié au téléphone avec les organisateurs… et nous devons à son efficacité, jamais mise en défaut, d’avoir obtenu gain de cause.

Nous nous sommes donc lancés, conscients de l’enjeu, conscients de la gageure que nous nous étions nous-mêmes imposée… bref… totalement inconscients…

Au résultat, jamais les musiciens n’auront aussi bien joué, jamais les danseurs n’auront aussi bien dansé ; jamais ils n’auront autant souri en spectacle, tant le bonheur de réussir ce coup-là était intense.

Un grand moment dans la vie d’un groupe.

6° LE CONTACT HUMAIN

Gigantesque… Que de rencontres… Que d’échanges…

Le soir de la répétition et du défilé, nous n’avons pas arrêté de parler, de plaisanter, de prendre contact… Avec des Chinois, des Allemands, des Américains, des Vendéens, des Malais, des Japonais, des Brésiliens (brésiliennes…) des Irlandais, des Coréens, des Portugais de Hong Kong… des Italiens, des Bretons, des représentants de l’Asie, tous pays confondus, des Chinois, toutes provinces  et toutes disciplines confondues… de 7 à 77 ans…

Faire danser ensemble tout ce petit monde, échanger, profiter, ne serait-ce qu’un instant de ce désir unanime : COMMUNIQUER SA JOIE DE VIVRE, faire tomber les barrières culturelles … Découvrir le rire (l’humour) universel… se photographier mutuellement, juste pour garder en mémoire la trace d’un sourire, d’un instant de joie intense…

Dans quelle langue ?

Assurément celle du cœur… Et ça marche : nous avons testé, et y avons pris un plaisir immense !

Quel bonheur… On en redemande…

 7° LA MOTIVATION

Les conditions, il faut bien le dire, étaient rudes : un décalage horaire à gérer, une chaleur étouffante, une humidité à 80%, une climatisation omniprésente, des nuits à chercher le sommeil, des exploits physiques à assumer tous les jours, une pluie diluvienne, et le lendemain, des costumes mouillés pour repartir… Mais…

Comment rechigner ?

Quand on voit danser des Brésiliennes, vêtues de seulement quatre plumes… souriantes malgré le déluge qui s’abattait sur elles…

Quand on voit danser les Bretons, sous des trombes d’eau, et que l’eau gicle sous leurs pieds jusqu’à hauteur de leurs épaules…

Quand on voit une pleine tribune d’« officiels », impassibles, sous leur imperméable de fortune…

Quand on voit 450 000 personnes qui, sous le même orage, n’attendent que vous pour faire la fête…

…On fait la fête… et on est heureux de rendre le bonheur qu’ils nous offrent…

 

8° LES CRITIQUES

Nous aurions aimé tout savoir avant de partir :

Le programme, les conditions d’hébergement, les visites que nous allions faire, les difficultés que nous allions rencontrer (pour échanger notre monnaie, pour téléphoner, pour se faire soigner, pour mieux gérer la partie artistique, pour sécher nos vêtements, etc…)

Mais à cela malheur est bon, cela nous a permis de nous prouver :

- que nous savions garder le moral (et la bonne humeur) en toute circonstance

- que nous avions des facultés d’adaptation que nous ne soupçonnions pas

- que chacun de nous était capable de puiser dans ses ressources pour faire fonctionner un collectif

- que malgré les difficultés, nous étions capables d’assumer la totalité de nos engagements jusqu’au bout

- que nous étions capables de faire confiance.

9° EN CONCLUSION 

Nous sommes tous revenus plus riches…

Plus riches d’avoir visité un pays fascinant

Plus riches d’avoir pu  tester nos capacités et nos limites (et plus d’un parmi nous en a été surpris…)

Plus riches d’avoir vécu une aventure humaine extrèmement enrichissante (tant au sein du groupe qu’au contact de nos hôtes).

Et puis… gonflés… gonflés… gonflés…

Maintenant, il faut absolument, et au plus vite, redescendre sur terre…

A moins… A moins que nous ne repartions… En Chine (ou encore… en CHINE)… ou ailleurs… Si l’on veut bien de nous…

Nous sommes prêts…

Chiche …

 

                                                                                  Alain AUDOUY… (rescapé)…


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